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 Enfance à Décines  1950

Aram ou Armand

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- J’ai six ans, j’habite six Maison Plaisance Décines Isère, j’ai six ans j’habite six Maison Plaisance Décines Isère… J’ai six ans, j’habite six…

Le petit garçon était tout heureux de découvrir que le chiffre 6 de son âge était le même que celui de l’adresse où il habitait.

Il répétait sans cesse, à haute voix, cette phrase apprise par cœur. L’arménien était sa langue maternelle et c’était la première phrase qu’il pouvait prononcer en français sans faire d’erreur.

Il avait aussi appris à répondre quand on lui demandait son nom. « Je m’appelle Aram Sédèfian » ou « Je m’appelle Armand Sédèfian » selon la personne qui lui posait la question.

Ses grandes sœurs, son frère et ses camarades de jeu l’appelaient Armand. Il n’y avait que sa mère, son père et quelques voisines arméniennes qui l’appelaient par le prénom Aram, mais lui c’était ce prénom qu’il préférait.

Dans Aram il entendait la tendresse de la voix de sa mère qui aimait répéter : Aram, Aram, Aram…

Il apprendrait plus tard que son père s’était présenté à la Mairie du 3 ème arrondissement de Lyon pour déclarer sa naissance, mais que, en cette année 1944, le fonctionnaire avait refusé d’enregistrer ce prénom étranger, « Aram ». Désemparé, son père était retourné voir sa femme pour lui demander de choisir un prénom français. Sans hésiter elle avait dit : « Armand », en souvenir, apprendrait-il plus tard, d’Armand Duval le héros malheureux de la Dame aux Camélias, un des rares romans français qu’elle avait lu dans une traduction arménienne.

Les deux prénoms commençaient par les mêmes premières lettres et portaient tous les deux la sonorité « arm » comme dans Arménie.

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​Aram Sédèfian-  Site Officiel

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